LES TERRASSES DE LUMIÈRE
Un oratorio inspiré de la Tablette du Carmel de Bahá'u'lláh
Lorsqu'en 1998, le compositeur norvégien, Lasse Thoresen, est chargé par le Centre mondial bahá'í d'écrire la musique de l'ouverture officielle des Terrasses du Mausolée du Báb, sur le Mont Carmel à Haïfa, en Israël, en mai 2001, il est appelé à relever un défi : créer une œuvre musicale qui soit à la hauteur de la majesté, la beauté, la joie et l'épaisseur dramatique associées à un grand événement, en s'inspirant des souffrances d'un prophète de Dieu et de ses victoires, mais qui soit en même temps mélodieuse et accessible au public.
Cherchant son inspiration dans les Écrits saints de la Foi bahá'íe, M. Thoresen se sent attiré par la
Tablette du Carmel, rédigée par Bahá'u'lláh en 1890, à l'occasion d'une de ses promenades sur la montagne sainte. Pour les bahá'ís, cette Tablette est la charte de l'établissement du centre administratif et spirituel de leur Foi. Écrite sous la forme d'un dialogue entre Dieu et la montagne, elle se prête aisément à l'interprétation d'un oratorio, œuvre musicale reposant sur un thème sacré et dont les personnages sont interprétés par différents chanteurs.
Dans le texte, le Mont Carmel apparaît sous les traits d'une femme qui aspire à rejoindre son Seigneur. Dieu, par l'intermédiaire de son prophète représenté par un homme, la réconforte et lui annonce qu'Il établira son trône sur la montagne, centre d'où des forces spirituelles se diffuseront à travers le monde. Dieu s'adresse à la montagne en un langage poétique puissant : « Appelle Sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle : Celui qui était caché aux yeux des mortels est venu ! ». Le Carmel représente non seulement la montagne physique mais aussi le renouvellement des liens qui unissent l'homme à Dieu. Les voix solistes recréent ce dialogue et sont entrecoupées de passages chantés par le choeur, de fanfares et d'interludes par l'orchestre.
Le Mausolée du Báb, dernière demeure du prophète-précurseur de la Foi bahá'íe, situé au cœur des jardins
suspendus du Mont Carmel, est désigné comme étant « la céleste Kaaba, qu'ont entourée en adoration les élus
de Dieu, les cœurs purs et l'assemblée des anges les plus
exaltés ». Lorsque dans la Tablette, Bahá'u'lláh affirme : « Bientôt Dieu conduira son arche vers toi »,
il fait référence à l'établissement du siège de la Maison universelle de justice, qui est le Conseil suprême
d'administration de la Foi bahá'íe et qui se trouve à proximité du Mausolée.
La partition a été écrite pour trois voix solistes - une soprane, un ténor et un bariton - et pour violon solo, le tout étant accompagné d'un orchestre symphonique et d'un chœur de 80 exécutants. Son mouvement unique et ininterrompu dure un peu plus de 30 minutes et comprend cinq parties distinctes correspondant aux cinq sections principales de la Tablette. La quatrième section, l'apogée de l'œuvre, a été composée pour accompagner l'illumination progressive des terrasses et du Mausolée du Báb.
O REINE DU CARMEL !
Une œuvre symphonique en trois mouvements
Cette œuvre symphonique du compositeur tadjik, Tolib Shahidi, a été commandée par la Maison universelle de justice en 1998 pour l'ouverture officielle des terrasses du Mausolée du Báb en mai 2001.
Elle repose sur l'apologie que fit Shoghi Effendi de « la Reine du Carmel » - le Mausolée du Báb - qui commence en ces termes : « A toi, ô Reine du Carmel, s'adressent les salutations les plus tendres, les bénédictions les plus justes et les plus bienveillantes ! ».
L'œuvre comporte trois mouvements. Dans le premier, la voix d'un enfant récite le texte sur fond d'un léger tapis lyrique dans le style oriental créé par un son évoquant la cythare.
Le second mouvement, intitulé « Ô Reine du Carmel », s'ouvre avec une fanfare de trompettes et de timbales. Un ténor solo chante le texte dans une attitude d'humilité. Le thème mélancolique oriental de la section centrale, exécuté dans un style proche de la musique folklorique de l'Iran et du Tadjikistan, se transforme peu à peu pour évoquer héroïsme et jubilation.
Le mode du début du troisième mouvement, « Béni, immensément béni », est doux et tragique. Le ténor mène ce mouvement et est finalement rejoint par la soliste soprane. Le ton s'éclaircit et finit par évoquer l'espoir.
Tout au long du morceau, les moments de tristesse et de tragédie sont adoucis par la vision sublime de la Reine du Carmel entourée de fleurs et de jardins magnifiques. Cette association fait référence aux épreuves comme aux victoires qui ont marqué de manière si frappante la mission du Báb. L'ensemble de l'œuvre dure 15 minutes environ.